Olélé
Zungo
Nigéria




Zungo ile ! Zungo ile !

Ta mi ma gbemi dele,
Gbemi de Zungo
Ta mi ma gbemi dele,
Ile ile ile e zungo
dele ile ile ile e !




Qui va me ramener à la maison?
Qui va me ramener à Zungo?
Il n'y a pas d'endroit pareil à la maison;
Il n'y a pas d'endroit pareil à Zungo.

Pour écouter : clic ou http://www.cameratasingers.org/mp3/Spain_plus_Africa_equals_Cuba-Zungo.mp3


Zungo est une chanson, en langue Yoruba, très populaire au Nigéria et au Bénin. Cette chanson est souvent interprétée sous la forme d’appels mélodiques, mais elle peut aussi l’être d’une manière plus mélancolique de manière à exprimer mieux la nostalgie du pays Zungo.

Zungo, Sango, Shango, Xango, Chango… c’est à la fois une réalité et un mythe. Zungo est le troisième roi du royaume d’Oyo. Il en assure la prospérité, mais aussi celle de ses épouses et de ses généraux lesquels le destituent, le contraignent à l’exil. Zungo finit par se pendre à l’arbre à karité, mais il ne meure pas. Il monte au ciel où il devient le dieu du tonnerre. Zungo est aujourd’hui encore un dieu important dans la religion yoruba. Sous couvert de pratique chrétienne, Zungo est fêté, dans de nombreux pays (Cuba, Haïti, Brésil, etc.), le jour de la sainte Barbe.

Ce n’est pas un hasard si la chanson Zungo est reprise en 1961 par Nina Simone. C’est le symbole d’une double revendication : son origine africaine et les droits des afro-américains aux USA. Des attentats racistes viennent d’avoir lieu en Alabama où des petites filles sont tuées par une bombe dans une église. John Coltrane et de nombreux autres artistes vont aussi définitivement adopter une posture plus radicale vis-à-vis du ségrégationnisme.

Le retour vers la maison, vers le pays, vers la tradition ou vers la religion a pu être un élément fédérateur, aux États-Unis, pour les noirs victimes du refus d’intégration dans la société blanche… comme ça l’a été ou cela continue de l’être pour nos immigrés des minorités « visibles » ou « montrées du doigt ».

Le mythe de Zungo, c’est encore celui du roi Christophe dans la pièce d’Aimée Césaire et, s’il fallait l’oser, c’est celui d’Ugolin dans Manon des Sources de Pagnol et de tant d’autres qui traitent de ces personnages ambigus, mélanges de don de soi et de despotisme, d’amour et de cruauté, d’ambitions et de faiblesse… et qui, au terme d’un ultime ratage, se suppriment !




Pour plus d’informations :

L’espace yoruba (fin XIXe siècle-1960) : clic

La musique de deux chants liturgiques yoruba : clic

Coltrane face à l'Afrique : clic

John Coltrane aux sources africaines : clic

Zungo par Nina Simone (la seule version complète et synchronisée !) : clic

Dictionnaire yorùbá - français : clic

BRÈVE INTRODUCTION À LA CULTURE AFRO-CUBAINE D'ORIGINE YORUBA À CUBA : clic

Aimé Césaire : « Il est bien plus difficile d’être un homme libre que d’être un esclave » : clic

LE ROI CHRISTOPHE D’AIMÉ CÉSAIRE : UNE FIGURE HISTORIQUE ET UNE FIGURE MYTHIQUE DEVENUE UN MYTHE LITTÉRAIRE : clic

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Les trois visages de l’Oricha : clic

Les dieux sur le Net. L'essor des religions d'origine africaine aux États-Unis : clic