Salakao
Salakao
(Madagascar)



Les paroles en dialecte Antandroy


Intoa anio ndraho ene
Intoa anio fa matahotse
Intoa anio ndraho ene
Intoa anio fa matahotse te holy
Holy fa mani-tane mane
Manene ty liako omale
Intoa anio ndraho ene
Intoa anio fa matahotse te holy

Salakao ndraho ene
Salakao fa matahotse
Salakao ndraho ene
Salakao fa matahotse te holy
Holy fa mani-tane mane
Manene ty liako omale
Salakao ndraho ene
Salakao fa matahotse te holy

Tsy mahavaly misorogoda
Fa anake'o mavaly lozy
Izaho mali, izaho malilô
Ny hariva tsy nahito ahata
Ny eto anito zaho malilo

Misolo ene, mandany tan-androe
Manenga vosy ava
Ty anake tsy mahafoe te holy
Holy fa mani-tane mane
Manene ty liako omale
Salakao ndraho ene
Salakao fa matahotse te holy


Une autre version très voisine


Salakao raho ene
Salakao fa matahotse
Te holy, holy fa magnen-tane
Manegne, manegne ty liako omale
Salakao raho ene
Salakao fa matahotse te holy.

Itoagne anio raho ene
Itoagne anio fa matahotse
Te holy...

Misoloho ene e,
Mandaly an-tagnandroa
Manenga vosy aba,
Ty anabe tsy mahafoe
Te holy...

Tsy mahavany misorogoda
Ty anabe nahavany loza
Izaho malilo
Izaho malilo o
Nialy fa tsy naito
Hahao tahigne ty aniko
Izaho malilo.




L'histoire de cette chanson traditionnelle Antandroy est celle d'un enfant prodigue qui désire retourner vers sa terre natale et qui adresse cette supplique à ses parents :

Mère, me voici, je suis là et j'ai peur !
Je voudrais rentrer car la terre natale me manque.
Je regrette mon passé et le chemin que j'ai suivi.
Je n'ose pas accourir vers vous.
On vous a dit que j'ai commis des délits.
Je suis un mauvais fils.
Mais je jure que je ne recommencerai pas.
Je ne veux pas être mis au ban de la société.
Aussi, je te demande pardon, ma mère.
Je voudrais rentrer car j'ai la nostalgie de ma terre natale.
Viens à ma rencontre, ma mère.
Viens à ma rencontre, j'ai peur.


Parmi les interprétations qui sont faites de ce chant, on peut retenir celle du trio Salala. Venu de l'extrême sud de Madagascar, le trio vocal Salala (l'espoir, l'espérance) a été créé en 1983. Ils sont très influencés par le "beko", une tradition au caractère sacré et religieux antérieure à la colonisation. (Pour écouter Salakao par le groupe Salala)

Une autre interprétation : celle du groupe Vaovy.

Sans oublier l'interprétation qu'en fait le groupe Vahila de Lorient qui nous a beaucoup aidé pour notre apprentissage de ce chant.

Le site du groupe vahila : http://association-valiha.asso-web.com/index.php /

Une vidéo :


Salakao
envoyé par npotsy


Et puis on pourra aussi aller écouter une interprétation par le groupe Évasion sur les pages : coups de chœur de Kristen...




Les Antandroy forment une population surtout remarquable par sa culture et son mode de vie, largement conditionnés par le milieu assez hostile dans lequel elle vit au sud de Madagascar.

Les Antandroy sont aussi appelés le peuple des épines. La région où ils vivent est en effet couverte d'une steppe arborée lâche dont les strates arbustives sont surtout composées d'épineux (cactus, euphorbes). Il ne pleut pas suffisamment sur cette région pour que des grands arbres s'installent durablement. La flore arborée est d'ailleurs très particulière avec beaucoup d'espèces endémiques comme les Didiéracées (Didiera madagascarensis, D. trolli, etc.), des palmiers plutôt rares (Neodypsis) ou bien le "vaovy" (Tetrapterocapon geayi), sorte d'arbre de fer au bois très dur et servant à la confection d'outils, de statuettes et maintenant pour les essieux et les éléments porteurs des charrettes à zébus.

Ce milieu est assez impénétrable. Cela explique que les Antandroy aient longtemps résisté aux colonisateurs aussi bien anglais que français. Cela explique aussi qu'ils soient restés assez hostiles à des échanges avec d'autres populations voisines (sauf peut-être avec les Mahafaly auxquels ils ont " acheté " le droit d'utiliser des techniques et des symboles funéraires !).

Cet isolement environnemental est accentué par le fait que les populations sont restées longtemps nomades, avec une économie dominée par le pastoralisme et dont la première richesse est le zébu. Cet animal est assez rarement consommé pour sa viande, mais son lait est très apprécié, d'autant plus que l'eau potable fait cruellement défaut dans ce pays. C'est d'ailleurs la dureté de la vie dans le bush qui fait dire aux Antandroy que la vie n'est rien d'autre qu'un passage obligé avant de rencontrer les Dieux et que les chants et les rites sont les meilleurs moyens de se préparer à la mort.

Il est bien possible que cet isolement " ethnique ", accentué par l'isolement qu'impose le pastoralisme aient pu largement influer sur les pratiques divinatoires très riches que l'on connaît chez ces populations. Pratiques qui se retrouvent dans le chant béko et dans les rites mortuaires.